En 2025 nous serons, au rythme actuel de la demographie, 8 milliards sur terre. Comment allons-nous vivre tous ensemble ? Les décisions d'aujourd'hui préparent ce futur. Cet espace leur est consacré.
C'est un journaliste réputé qui mène des enquêtes de grande qualité. C'est le cas avec son dernier livre "Des fraises en hiver". Ce grand reporter après 25 ans passés au Journal du Dimanche travaille désormais pour Politis et Médiapart.
Il nous raconte avec délices son altercation avec un primeur d'un marché du 12e arrondissement de Paris. Ce dernier prétendait que ses asperges venaient de Rungis, avant d'avouer :"du Pérou".
Un exemple qui résume nos erreurs et nos oublis. La grande consommation a fini par nous imposer un calendrier qui n'a plus aucun sens. Raison de plus pour s'informer. Cette enquête peut intéresser tout le monde, surtout les plus jeunes qui ont sûrement le pouvoir, plus que leurs aînés, de renverser la tendance.
Et puis il y a l'essentiel, le goût. Si les fraises d'Andalousie achetées à Noël étaient délicieuses, après tout nous aurions une bonne raison de céder. Mais chacun sait qu'on paie très cher trop de fruits et légumes sans aucun parfum !
"Des Fraises en hiver" édité chez Delachaux et Niestlé

Quand on dit de lui qu'il est "un Père Fouettard" Claude-Marie Vadrot accepte l'image, surtout, quand son cousin le Père Noël nous tente avec des fruits venus du monde entier, qui ne poussent pas ici.
Ce grand spécialiste de l'environnement nous propose une enquête édifiante : "Des fraises en hiver"... sous-titre : "Et autres besoins inutiles de notre alimentation".
Les fraises c'est le point de départ. Nous en consommons en France 130.000 tonnes par an mais combien d'entre nous savent ils que 80.000 tonnes sont importées, le plus souvent l'hiver. Provenance, surtout l'Espagne et l'Andalousie.
Tout cela coûte très cher, et pas seulement à nos porte-monnaie. Il faut pomper l'eau de ces régions, doper les fruits avec des produits chimiques, et amener le tout avec des camions ou des avions. Coût humain également. La main-d'oeuvre vient souvent d'Afrique, mal payée, mal considérée.
Et pourtant les français adorent ces fruits. Mais le mouvement peut se retourner. Claude-Marie Vadrot est confiant, peu à peu nous changeons d'attitude.
Pascal Delannoy 19 décembre 2010
http://www.delachauxetniestle.com
©Reuters